MONUMENT AUX MORTS : 10 NOMS DE PLUS

10 nouveaux noms ont été inscrits sur le monument aux morts de la commune récemment nettoyé et redoré. Un travail de mémoire autant que de fourmis mené par un agent municipal et un habitant de la commune.

 

Il aura fallu 100 ans. 100 ans et un travail de collecte et d’investigation minutieux pour ne pas les oublier. Eux, ce sont les 10 Plouguernéens morts pour la France durant la sanglante Première Guerre mondiale, mais non-inscrits sur les plaques mémorielles du monument au morts du centre-bourg. 10 Plouguernéens retrouvés par Frédéric Moritz, chargé des archives à la mairie.

Tout a commencé il y a quelques mois, lorsqu’après avoir visionné un film documentaire sur la Première Guerre mondiale, l’agent municipal passionné de cette période de l’Histoire, décide d’effectuer des recherches sur les Plouguernéens disparus pour la France entre 1914 et 1919 : « en charge des archives municipales depuis un an, je devais réaliser un inventaire des mémoriaux et cénotaphes répartis sur la commune en vue du centenaire de l’Armistice qui a lieu cette année. J’en ai profité pour aller un peu plus loin… ». Avec la réussite que l’on connaît !

A partir des recherches historiques d’André Nicolas, Frédéric Moritz a listé un à un les noms de tous les « poilus » de Plouguerneau morts pour la France. Liste qu’il a ensuite confrontée à celle inscrite sur le monument aux morts. « C’est à partir de ce travail préliminaire que je me suis rendu compte que plusieurs noms n’y figuraient pas ! » s’étonne-t-il.

Le cœur ballant grisé par cette découverte, Frédéric Moritz a poussé ses recherches avant d’en parler en interne. « Il fallait que je sois sûr. J’ai alors multiplié les recherches en consultant les registres de décès communaux, le fichier d’Etat des Sépultures militaires des soldats morts pendant la guerre 14-18, et celui des anciens combattants. Une fois le tout compilé et comparé, 10 noms avaient bel et bien été oubliés… »

Une nouvelle plaque mémorielle comportant ces 10 oubliés a été ajouté cette semaine au monument aux morts de la commune.

Noms des 10 soldats morts pour la France ajoutés

1914

Hervé Inizan

Yves Kerebel (bourg)

Jean-L. Lossec (Kbrat an Dour)

Jean Paul (Kidaouen)

Jean-P. Pelle (Kdelan) 

1915

Anicet Le Pors

Jean-Y. Lossec (Naount)

 

1916

Charles Abarnou

Gabriel Bars (Tréguestan)

 

1917

Jean-L. Prigent (Kgoff)

 

« C’EST UN ACTE DE RESPECT ENVERS MES ANCIENS »

En parallèle, grâce au travail bénévole d’un habitant de Plouguerneau, le monument aux morts, a enfin retrouvé son éclat d’antan. Le temps et la météo ont en effet effacé peu à peu les noms de ces 214 morts pour la France. « Il aura fallu 50 heures de travail. D’abord un nettoyage complet au jet à haute pression des plaques mémorielles, de la structure en pierre et des statues trônant de chaque côté et au centre du monument. Une fois la crasse enlevée, j’ai appliqué la peinture couleur or sur chaque lettre composant les noms des plouguernéens morts pour la France. Mes épaules s’en souviennent ! C’est un travail de précision réalisé au pinceau » explique Eric Masson, porte drapeau et délégué de secteur à l’Union Nationale des Combattants (UNC) du Finistère. Pour moi, c’était évident que je prenne de mon temps pour le faire. C’est un acte de respect envers mes anciens. C’est grâce à eux que nous sommes là. Ne l’oublions pas, ne les oublions pas. »

La transmission. C’est peut-être ce qui motive le plus ce grand homme qui vous accroche de son regard et de sa voix à la gouaille sans pareille. S’il est soldat de France à l’UNC c’est pour perpétuer la mémoire « pour ne pas oublier tous ceux qui ont donné leur vie, sans parler des blessés ». Ce monument en cœur de bourg, lieu de passage et de vie, est là pour nous le rappeler chaque jour. Pour Eric Masson, « les cérémonies sont primordiales pour faire vivre ce souvenir à travers les générations. D’ailleurs, lors de la commémoration du 11 novembre prochain, deux jeunes filles de 15 et 16 ans – dont ma fille – porteront les drapeaux. Nous devons continuer à expliquer à nos enfants ce que ces hommes ont fait pour notre pays. Que ce sont leurs arrières-arrières-grands-pères. Pour ne plus vivre ça… »

De g. à d. : Fredéric Moritz, agent chargé des archives à la mairie de Plouguerneau, et Eric Masson, porte drapeau et délégué de secteur à l’Union Nationale des Combattants (UNC) du Finistère.

Cérémonie du 11 novembre

Inauguré le 22 juin 1922, le monument aux morts de Plouguerneau accueille ainsi en son sein 10 Plouguernéens supplémentaires morts pour la France. L’occasion de redécouvrir ce solide monument en pierre de Kersanton lors de la commémoration du centenaire de l’Armistice, ce dimanche 11 novembre, à 11h.