LIBÉRATION DE PLOUGUERNEAU : « PARDONNER SANS OUBLIER »

lundi 10 août | 10h45 | monument de la libération au Traon

Crédit photo : AFP

À l’occasion du 76ème anniversaire de la Libération de Plouguerneau, nous vous proposons de revenir sur les dernières heures de cette période de l’Histoire. Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, l’ouvrage « La guerre en mémoire » (édition Le Télégramme) d’Yves Bramoullé est disponible à la médiathèque « Les trésors de Tolente ».

Août 44, les troupes allemandes se replient sur la poche de Brest. La libération de la commune est proche…

Dans la matinée du 10 août, un peloton du 15ème escadron de la Task Force américaine pousse jusqu’à Plouguerneau où on leur signale que plusieurs centaines de soldats allemands cantonnent dans l’usine à goémon du Traon. C’est alors que les batteries allemandes de Landéda tirent sur le bourg. Les Américains ripostent. Finalement, grâce au concours du Maire et du docteur Goas, les Américains parviennent à parlementer avec les officiers allemands et bientôt on voit monter sur le toit de l’usine un drapeau blanc. 

C’est une colonne de prisonniers encadrés par des soldats américains qui remonte maintenant vers le bourg de Plouguerneau. Il y a de jeunes soldats de la Wehrmacht mais aussi des vieux dont la plupart doivent se souvenir de la Grande Guerre. Les uns et les autres semblent désormais délivrés d’une peur. Krieg fertig ! Krieg fertig ! Vient en écho. Guerre finie ! Guerre finie ! 

Le lendemain, Plouguerneau pavoise ! Tout le monde est dans la rue. Dans une charrette on a suspendu l’effigie d’un soldat allemand. Et tout le monde de reconnaître Pollack, le soldat interprète qui en fait n’était pas mésestimé par la population. Mais ne représente-t-il pas le symbole de l’Occupation ? Le cortège se dirige maintenant vers la place aux cochons où a été dressé un bûcher qui verra l’effigie périr par le feu. 

DES ANNÉES ONT PASSÉ

Des « ponts » ont été jetés et en 1967, un jumelage exemplaire est né entre la ville allemande d’Edingen-Neckarhausen et Plouguerneau. En 1990, notre commune s’est vue décerner le Prix de l’Europe récompensant ainsi ses effort pour propager l’idée européenne. 

« Pardonner sans oublier, Dalch’on Sonj » sont les mots inscrits sur la stèle du souvenir érigée à proximité de l’usine du Traon et dévoilée le 13 août 1994 pour commémorer le 50ème anniversaire de la libération de la commune. Depuis lors, le 10 août de chaque année, Plouguerneau se souvient et se rassemble pour marquer la fin des « années noires » de l’occupation.

Cérémonie de la libération

lundi 10 août | 10h45 | monument de la libération

La mairie de Plouguerneau, les anciens combattants de la commune et les officiers mariniers vous convient à la cérémonie de la Libération de Plouguerneau. Rendez-vous le lundi 10 août à 10h45 au monument de la libération, situé à la sortie de Plouguerneau au Traon.

Port du masque est conseillé et distanciation physique à respecter.

DISCOURS DU MAIRE DE PLOUGUERNEAU

lundi 10 août | 10h45 | monument de la libération

Voilà donc 76 ans, aujourd’hui que la commune de Plouguerneau commémore sa libération et rend hommage à celles et ceux qui y ont contribué. 

76 ans, un âge honorable diront certains. D’aucuns pourraient penser qu’avec la disparition progressive de la plupart des témoins de ces événements, il serait temps de passer à autre chose. D’autres interrogent encore l’opportunité d’un rendez-vous qui ne peut que rendre très partiellement  compte des faits historiques et de leurs acteurs. D’autres encore peuvent  regretter qu’il ne soit rendu compte que du bouquet final au mépris de celles et de ceux qui, durant 4 ans, se sont résolument engagé.e.s pour la liberté. 

Là où nous sommes en ce 10 août 2020, nous faisons le choix de prendre un temps pour remercier celles et ceux, femmes et hommes, illustres et anonymes qui ont contribué à faire en sorte que nous vivions aujourd’hui en démocratie.

L’occasion d’une pause comme celles que nous pouvons pratiquer en mémoire de nos proches. L’occasion d’un retour en arrière avec ce que nous connaissons de ce conflit et de ses horreurs parmi lesquels la shoa mais aussi les règlements de compte d’après conflits dont 20000 femmes tondues en public ont payé les frais. L’occasion aussi de nous remémorer ce que fut la police de Vichy et, plus globalement, ne jamais considérer la victoire ou la liberté comme quelque chose de pur et encore moins comme quelque chose de définitif.

Derrière les faits d’armes et de guerres, des femmes et des hommes se sont engagés dont certains au prix de leur vie. Certains dés les premières heures comme les 128 sénans qui ont rejoint le Général de Gaulle en 1940. D’autres et, comme vous le savez le plus grand nombre, se sont engagés beaucoup plus tardivement au rythme de l’évolution des esprits durant 4 années jusqu’à la victoire contre les forces de l’Allemagne Nazie.

Sans plus de mots, en réentendant la définition du nazisme  d’Adolf Hitler : « le nazisme est fondé sur le principe de la supériorité de « la race aryenne », sur la conquête d’un « espace vital » pour l’Allemagne et sur l’extermination de « races » et de peuples considérés comme « inférieurs »

Sans autres mots et le temps d’une bascule entre hier et aujourd’hui… Sans autres mots et considérant l’humanité dans ses grandeurs et ses horreurs,  peut être pouvons nous tirer quelques traductions de l’ère du temps. 

Sur nos compromissions, sur nos rapports aux autres, différents, sur l’importance de refuser toute forme d’humiliation. Le combat de nos vies…  War raok tudoù.

En ce 10 août, en nous remémorant ce que nous devons à celles et ceux qui ont ouvert la porte de la liberté à Plouguerneau en 1944 il nous appartient plus que jamais d’incarner notre devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité. Que vive la France de liberté, d’égalité et de fraternité !