« À CHACUN DE S’APPROPRIER L’APPEL DU 18 JUIN »

jeudi 18 juin 2020 | 11h | centre-bourg

Crédit photo : DR

À l’occasion des 80 ans de l’appel  du 18 juin appel, la mairie de Plouguerneau et l’UNC se sont associés pour marquer cet anniversaire historique : le discours du général de Gaulle a été diffusé en centre-bourg, le Président de l’UNC Plouguerneau ainsi que le Maire ont chacun prononcé un discours.

Il y a 80 ans, le 18 juin 1940, depuis les studios de la BBC à Londres, le général de Gaulle lance un appel à la résistance. Il appelle les Français et les Françaises à refuser l’armistice qui se signera pourtant quelques jours après, le 22 juin, et à continuer le combat aux côtés de l’Angleterre.

« Moi, général de Gaulle actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français qui se trouvent à Londres à se mettre en rapport avec moi ». Dans son allocution, diffusée à trois reprises dans la soirée, le futur chef de la France Libre assure : « Quoiqu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

DISCOURS DU MAIRE DE PLOUGUERNEAU

jeudi 18 juin 2020 | 11h | centre-bourg

Quelques mots pour tenter, comme simple élu local préoccupé par la vie de notre commune, de tirer quelques fils d’une histoire qui peut encore nourrir notre quotidien. Quelques mots comme simple citoyen d’une commune, comme partie d’un monde global.

À la question de savoir si de Gaulle était un grand homme la réponse est très certainement oui…d’un point de vue physique ! Charles de Gaulle mesurait 1m96, ce qui fait de lui le plus grand chef d’État que la Vème République n’ait jamais connu.

À la question, plus sérieuse, de savoir si Charles de Gaulle fut un grand homme au sens historique du terme, la réponse est assurément oui aussi. Oui, si on s’en tient à sa stature d’acteur essentiel au service de la résistance au péril fasciste incarné par Adolphe Hitler.  Oui, si on s’en tient à la co-signature du traité de coopération avec l’Allemagne le 22 janvier 1963. Oui, si on s’en tient aussi à ce que le récit national peut en donner à lire.

Là où nous en sommes, ici à Plouguerneau et devant les noms de ceux qui ont payé de leur vie ce combat contre l’obscurantisme, la question de la grandeur nous renvoie à une dimension qui ne peut se limiter à la seule mémoire d’un homme. Là où nous vivons, en ce temps présent, il est de notre droit et de notre devoir de mémoire d’explorer ce que l’histoire des femmes et des hommes qui nous ont précédés nous apprend. Il est de notre devoir et de notre droit de mémoire d’interroger, au-delà de ce que nous pouvons apprendre et comprendre de la complexité des trajectoires humaines, ce que les faits historiques peuvent nous offrir comme instruments de compréhension et de résolution de nos problématiques actuelles.

La résistance incarnée par Charles de Gaulle s’est exprimée à l’échelle d’une communauté humaine faites de quelques illustres et de milliers d’anonymes. Elle s’est exprimée dans le sang des combats mais aussi (et de manière plurielle) dans le programme du conseil national de la résistance. Un programme adopté en mars 1944 par tout l’éventail politique représenté au sein de la résistance Française. Pour essentielle qu’elle fut, la victoire de 1945 n’aurait été sans doute que de courte durée si elle n’avait pas été précédée et suivie de ce long travail au service d’une société plus humaine et solidaire : création de la sécurité sociale, instruction et culture pour toutes et tous, progrès démocratique, élévation du niveau de vie, droit du travail… Un programme de 10 pages.

Là où nous en sommes, après 80 ans, nous savons bien que rien n’est jamais gagné et que les reculs démocratiques peuvent être nombreux et dans tous les domaines. Nous savons aussi que la démocratie, élargie à l’ensemble de la communauté humaine, est un long chantier sur lequel nous aurons, quel que soit notre âge, à œuvrer tout au long de nos vies. À chacune et chacun de nous approprier l’appel du 18 juin comme symbole de l’appel à toutes les résistances au déni d’humanité. À nous de le traduire dans nos vies personnelles et collectives.

À nous d’agir, à nous de créer et de résister conformément aux mots du conseil national de la résistance : résister c’est créer et créer c’est résister. Le programme de toute une vie au service de notre commune humanité et au service de notre terre particulièrement malmenée.  Kement hag ober !

Merci à vous Charles de Gaulle pour ces mots. Merci pour votre engagement, alors même que vous n’étiez entourés que d’une poignée d’hommes parmi lesquels 128 sénans dans un contexte où tout pouvait donner à penser que le combat était perdu d’avance. D’autres combats comme celui du climat, ou du dialogue entre les peuples, peuvent donner l’impression qu’ils sont perdus d’avance. D’autres résistances et d’autres créations nécessaires voire vitales s’offrent donc à nous. Contre vents et marées et contre tous les aquabonistes (ceux qui disent à quoi bon), à nous de les investir au nom de notre commune humanité.

Pour permettre à chacun de s’associer à la commémoration et de mieux connaître cette page d’histoire, l’INA propose une mini-série composée de courts épisodes pour comprendre l’appel du 18 juin. 

L’intégralité de la mini-série est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous.